Document unique commerce de détail : le modèle pré-rempli
19 risques propres au métier, cotés et classés, avec les mesures de prévention à cocher et le plan d'action. Fichier Word à votre nom.
Ce qu'il faut savoir
Dans un magasin, la majorité des accidents se produit loin du client, en réserve. D'après les dépliants de l'INRS (données Cnam), les manutentions manuelles sont à l'origine de 51 % des accidents du travail dans les commerces alimentaires de proximité et de 54 % dans le commerce de détail non alimentaire, où 16 % des accidents sont des chutes. Concrètement : la palette déchargée à la main sur le trottoir, les colis empilés trop haut, l'escabeau bancal pour atteindre le stock rangé en casquette au-dessus des rayons, le cutter sans lame protégée pour ouvrir les cartons, l'escalier de la réserve mal éclairé. Côté surface de vente, il y a la mise en rayon accroupi ou bras levés, la caisse et ses gestes répétitifs, les journées debout. Et il y a ce qui ne figure dans aucun modèle générique : l'ouverture et la fermeture seul, les fonds de caisse, les litiges qui dégénèrent, le risque de vol ou de braquage. Un contrôleur de l'inspection du travail regardera si vos vendeurs disposent d'un siège, comment vous accédez au stock en hauteur, quels cutters vous fournissez, si vous laissez un salarié seul à la fermeture et ce qui est prévu après une agression. Ce modèle couvre les deux cas de figure, magasin alimentaire et non alimentaire, en s'appuyant sur les situations et solutions décrites par l'INRS pour ces secteurs : transpalette électrique, rolls à hauteur variable, plateformes pour la mise en rayon (EMER, PIRL), cutters de sécurité, prélèvements réguliers en caisse. Si vous ne vendez pas de produits frais, supprimez l'unité « froid » ; si vous n'avez pas de réserve en sous-sol, retirez les lignes correspondantes. Complétez ensuite les mesures déjà en place, désignez un responsable pour chaque action et fixez une échéance réaliste.
Les unités de travail retenues
Réception et réserve
Déchargement des livraisons, contrôle, déballage des colis, stockage en rayonnages, accès au stock en hauteur, gestion des cartons et déchets.
Surface de vente et mise en rayon
Réassort, mise en rayon, facing, étiquetage, conseil aux clients, circulation dans les allées.
Caisse et accueil
Encaissement, manipulation des articles, gestion des fonds, retours et réclamations, ouverture et fermeture du magasin.
Rayons frais, chambres froides et découpe
Mise en place des produits frais et surgelés, chambre froide positive ou négative, découpe à la coupe (fromage, charcuterie) le cas échéant.
Organisation générale et déplacements
Plannings, périodes de forte activité, travail isolé, dépôts en banque, livraisons clients, installations électriques et incendie.
Les risques les plus élevés dans ce métier
Cotation : gravité (1 bénin à 4 très grave) × fréquence d'exposition (1 rare à 4 quotidienne). En rouge, priorité 1 : à traiter tout de suite.
| Unité | Risque | Situation | G × F | Exemple d'action |
|---|---|---|---|---|
| Réception et réserve | Activité physique / manutention Colis, packs, palettes et rolls | Déchargement des livraisons à la main, portage des colis jusqu'à la réserve, colis lourds stockés au sol ou en hauteur. | 3×4=12 | Mettre à disposition des aides à la manutention adaptées : transpalette électrique, diable, rolls ou tables à hauteur ou fond variable |
| Réception et réserve | Équipements de travail (outils à main) Cutters et lames non protégées | Ouverture des cartons et des films au cutter à lame fixe, lame qui ripe vers la main ou la cuisse. | 3×4=12 | Remplacer les cutters classiques par des cutters de sécurité à lame protégée ou rétractable, et les maintenir en bon état |
| Surface de vente et mise en rayon | Chutes de plain-pied Sol mouillé ou souillé, allées encombrées | Produit renversé dans une allée, entrée mouillée un jour de pluie, cartons laissés au sol pendant le réassort. | 3×3=9 | Laisser les allées propres, sèches et dégagées ; nettoyer immédiatement les produits renversés |
| Rayons frais, chambres froides et découpe | Ambiances thermiques (froid) Chambre froide, rayons surgelés, courants d'air froid | Rangement des livraisons en chambre froide, réassort des bacs surgelés, poste près des meubles réfrigérés ouverts. | 3×3=9 | Fournir vêtements et gants adaptés au froid, limiter la durée des séjours en chambre froide et alterner avec des tâches au chaud |
| Organisation générale et déplacements | Travail isolé Salarié seul dans le magasin | Ouverture tôt le matin, fermeture le soir, pause déjeuner assurée par une seule personne, malaise sans témoin. | 3×3=9 | Choisir les horaires et les plannings pour éviter le travail seul aux moments sensibles ; à défaut, prévoir un moyen d'alerte et un appel de contrôle |
| Réception et réserve | Chutes de hauteur Stock en hauteur, escabeaux inadaptés, escaliers de réserve | Accès au stock rangé en casquette ou en haut des rayonnages en montant sur un carton ou un escabeau instable, descente en réserve les bras chargés. | 4×2=8 | Mettre en place des moyens d'accès en hauteur sécurisés : plateforme individuelle roulante légère (PIRL) ou équipement pour la mise en rayon (EMER) |
| Surface de vente et mise en rayon | Activité physique / TMS Mise en rayon accroupi ou bras levés, gestes répétitifs | Réassort des étagères basses et hautes, facing, étiquetage prolongé. | 2×4=8 | Aménager le magasin pour que rayonnages et vitrines soient accessibles en hauteur comme en profondeur ; placer les produits lourds sur les étagères du milieu |
| Caisse et accueil | Activité physique / TMS Gestes répétitifs, torsions, station prolongée | Passage des articles au scanner, soulèvement des packs d'eau, torsion vers le tapis ou le terminal de paiement. | 2×4=8 | Mettre un siège approprié à disposition à chaque poste de caisse et de vente (article R4225-5) et permettre l'alternance assis-debout |
+ 11 autres risques évalués dans le document complet, avec toutes les mesures et le plan d'action.
Ce qui s'ajoute dans ce métier
Siège pour chaque salarié
Un siège approprié doit être mis à la disposition de chaque travailleur à son poste ou à proximité. En caisse comme en surface de vente, le salarié doit pouvoir s'asseoir quand son activité le permet. Source
Formation à la manutention
Les salariés dont l'activité comporte des manutentions manuelles doivent recevoir une information sur les risques et une formation à la sécurité, essentiellement pratique, sur les gestes et postures à adopter. Source
Éclairage minimal des locaux
Le Code du travail fixe des niveaux minimaux d'éclairement : 40 lux pour les voies de circulation intérieures, 60 lux pour les escaliers et entrepôts, 120 lux pour les locaux de travail, vestiaires et sanitaires, 200 lux pour les locaux aveugles affectés à un travail permanent. Source
Extincteurs
Au moins un extincteur à eau pulvérisée de 6 litres minimum pour 200 m² de plancher, au moins un par niveau, complété par des extincteurs adaptés aux risques particuliers (électriques notamment). Source
Allergènes et denrées vendues en vrac (commerce alimentaire)
Pour les denrées vendues non préemballées ou emballées à la demande, la présence des allergènes réglementaires doit être indiquée sur le produit ou à proximité immédiate, sans ambiguïté sur le produit concerné. Source
Mise à jour du document unique
Le document unique est mis à jour au moins chaque année à partir de 11 salariés, et dans tous les cas lors d'un aménagement important (réaménagement du magasin, nouvelle réserve, nouveau service comme le relais colis) ou d'une information nouvelle sur un risque, par exemple après une agression. Source
Chaleur intense : mesures obligatoires depuis 2025
Depuis le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, l'employeur évalue les risques liés aux épisodes de chaleur intense, en intérieur comme en extérieur, et inscrit les mesures dans le document unique (R4463-2). Pendant ces épisodes (vigilance canicule de Météo-France), il met en œuvre les mesures de réduction de l'exposition (organisation et horaires, ventilation, pauses, formation : R4463-3), fournit une quantité suffisante d'eau potable fraîche près des postes (R4463-4) et définit comment signaler un malaise et porter secours, notamment aux salariés isolés (R4463-6). Les locaux fermés doivent être maintenus à une température adaptée (R4223-13). Source
Autorisation de conduite des chariots
La conduite de certains équipements présentant des risques particuliers (chariots automoteurs à conducteur porté, par exemple) est subordonnée à une autorisation de conduite délivrée par l'employeur. Depuis le 1er octobre 2025, sa validité suppose que le salarié détienne une attestation de non-contre-indication médicale, valable cinq ans, délivrée par le médecin du travail ; l'employeur en conserve une copie (article R4323-56). La liste des équipements concernés est fixée par arrêté : vérifiez si votre matériel en fait partie. Source
Le document complet, à votre nom
19 risques, 5 unités de travail, mesures à cocher, plan d'action, suivi des mises à jour.
Besoin aussi de l'affichage et des registres ? Le pack « Tout en règle » réunit tout pour 89 €.
Questions fréquentes
Mes caissiers doivent-ils avoir un siège ?
Oui. Le Code du travail impose qu'un siège approprié soit mis à la disposition de chaque salarié à son poste ou à proximité. C'est aussi une mesure de prévention des troubles musculosquelettiques à inscrire dans le document unique.
Le risque de braquage doit-il figurer dans le document unique ?
Oui, dès lors que vos salariés manipulent des espèces ou travaillent seuls à certains moments. Le document doit décrire les mesures prises (prélèvements réguliers en caisse, ouverture et fermeture à deux, alarme) et la conduite à tenir après une agression, y compris le soutien des victimes.
Un escabeau suffit-il pour la mise en rayon ?
Pour un usage ponctuel et bref, un escabeau en bon état peut convenir. Pour un réassort régulier en hauteur, l'INRS recommande des plateformes sécurisées (EMER, PIRL) et, surtout, de réduire la hauteur de stockage et de supprimer le stock rangé au-dessus des rayons.
J'ai un magasin de vêtements, sans produits frais : ce modèle me convient-il ?
Oui : supprimez l'unité « rayons frais et chambres froides » et les obligations propres à l'alimentaire. Les risques principaux restent la manutention en réserve, les chutes, les coupures au déballage, la caisse et les agressions.
Après une agression, faut-il modifier le document unique ?
Oui. Un accident ou une agression constitue une information nouvelle sur un risque : réévaluez la cotation, ajoutez les mesures décidées (organisation de la fermeture, alarme, formation) et datez la mise à jour.
Sources utilisées pour ce modèle
- INRS – Commerce de détail non alimentaire : les risques du métier
- INRS ED 6437 – Commerce de détail non alimentaire. Santé au travail : passez à l'action ! (2021)
- INRS – Commerces alimentaires de proximité : les risques du métier
- INRS ED 6401 – Commerces alimentaires de proximité. Santé au travail : passez à l'action !
- INRS – Agressions et violences externes : prévention
- INRS – TPE-PME : des outils en ligne (OiRA) pour évaluer les risques professionnels
- Code du travail, article R4225-5 – Mise à disposition de sièges
- Code du travail, article R4223-4 – Niveaux minimaux d'éclairement
- Légifrance : articles R4463-1 à R4463-8 du code du travail (épisodes de chaleur intense)
- INRS : travail isolé, réglementation