Document unique commerce de détail : le modèle pré-rempli

19 risques propres au métier, cotés et classés, avec les mesures de prévention à cocher et le plan d'action. Fichier Word à votre nom.

NAF 47.11BNAF 47.11CNAF 47.29ZNAF 47.19BNAF 47.71ZNAF 47.78C5 unités de travail

Ce qu'il faut savoir

Dans un magasin, la majorité des accidents se produit loin du client, en réserve. D'après les dépliants de l'INRS (données Cnam), les manutentions manuelles sont à l'origine de 51 % des accidents du travail dans les commerces alimentaires de proximité et de 54 % dans le commerce de détail non alimentaire, où 16 % des accidents sont des chutes. Concrètement : la palette déchargée à la main sur le trottoir, les colis empilés trop haut, l'escabeau bancal pour atteindre le stock rangé en casquette au-dessus des rayons, le cutter sans lame protégée pour ouvrir les cartons, l'escalier de la réserve mal éclairé. Côté surface de vente, il y a la mise en rayon accroupi ou bras levés, la caisse et ses gestes répétitifs, les journées debout. Et il y a ce qui ne figure dans aucun modèle générique : l'ouverture et la fermeture seul, les fonds de caisse, les litiges qui dégénèrent, le risque de vol ou de braquage. Un contrôleur de l'inspection du travail regardera si vos vendeurs disposent d'un siège, comment vous accédez au stock en hauteur, quels cutters vous fournissez, si vous laissez un salarié seul à la fermeture et ce qui est prévu après une agression. Ce modèle couvre les deux cas de figure, magasin alimentaire et non alimentaire, en s'appuyant sur les situations et solutions décrites par l'INRS pour ces secteurs : transpalette électrique, rolls à hauteur variable, plateformes pour la mise en rayon (EMER, PIRL), cutters de sécurité, prélèvements réguliers en caisse. Si vous ne vendez pas de produits frais, supprimez l'unité « froid » ; si vous n'avez pas de réserve en sous-sol, retirez les lignes correspondantes. Complétez ensuite les mesures déjà en place, désignez un responsable pour chaque action et fixez une échéance réaliste.

Les unités de travail retenues

Réception et réserve

Déchargement des livraisons, contrôle, déballage des colis, stockage en rayonnages, accès au stock en hauteur, gestion des cartons et déchets.

Surface de vente et mise en rayon

Réassort, mise en rayon, facing, étiquetage, conseil aux clients, circulation dans les allées.

Caisse et accueil

Encaissement, manipulation des articles, gestion des fonds, retours et réclamations, ouverture et fermeture du magasin.

Rayons frais, chambres froides et découpe

Mise en place des produits frais et surgelés, chambre froide positive ou négative, découpe à la coupe (fromage, charcuterie) le cas échéant.

Organisation générale et déplacements

Plannings, périodes de forte activité, travail isolé, dépôts en banque, livraisons clients, installations électriques et incendie.

Les risques les plus élevés dans ce métier

Cotation : gravité (1 bénin à 4 très grave) × fréquence d'exposition (1 rare à 4 quotidienne). En rouge, priorité 1 : à traiter tout de suite.

UnitéRisqueSituationG × FExemple d'action
Réception et réserveActivité physique / manutention
Colis, packs, palettes et rolls
Déchargement des livraisons à la main, portage des colis jusqu'à la réserve, colis lourds stockés au sol ou en hauteur.3×4=12Mettre à disposition des aides à la manutention adaptées : transpalette électrique, diable, rolls ou tables à hauteur ou fond variable
Réception et réserveÉquipements de travail (outils à main)
Cutters et lames non protégées
Ouverture des cartons et des films au cutter à lame fixe, lame qui ripe vers la main ou la cuisse.3×4=12Remplacer les cutters classiques par des cutters de sécurité à lame protégée ou rétractable, et les maintenir en bon état
Surface de vente et mise en rayonChutes de plain-pied
Sol mouillé ou souillé, allées encombrées
Produit renversé dans une allée, entrée mouillée un jour de pluie, cartons laissés au sol pendant le réassort.3×3=9Laisser les allées propres, sèches et dégagées ; nettoyer immédiatement les produits renversés
Rayons frais, chambres froides et découpeAmbiances thermiques (froid)
Chambre froide, rayons surgelés, courants d'air froid
Rangement des livraisons en chambre froide, réassort des bacs surgelés, poste près des meubles réfrigérés ouverts.3×3=9Fournir vêtements et gants adaptés au froid, limiter la durée des séjours en chambre froide et alterner avec des tâches au chaud
Organisation générale et déplacementsTravail isolé
Salarié seul dans le magasin
Ouverture tôt le matin, fermeture le soir, pause déjeuner assurée par une seule personne, malaise sans témoin.3×3=9Choisir les horaires et les plannings pour éviter le travail seul aux moments sensibles ; à défaut, prévoir un moyen d'alerte et un appel de contrôle
Réception et réserveChutes de hauteur
Stock en hauteur, escabeaux inadaptés, escaliers de réserve
Accès au stock rangé en casquette ou en haut des rayonnages en montant sur un carton ou un escabeau instable, descente en réserve les bras chargés.4×2=8Mettre en place des moyens d'accès en hauteur sécurisés : plateforme individuelle roulante légère (PIRL) ou équipement pour la mise en rayon (EMER)
Surface de vente et mise en rayonActivité physique / TMS
Mise en rayon accroupi ou bras levés, gestes répétitifs
Réassort des étagères basses et hautes, facing, étiquetage prolongé.2×4=8Aménager le magasin pour que rayonnages et vitrines soient accessibles en hauteur comme en profondeur ; placer les produits lourds sur les étagères du milieu
Caisse et accueilActivité physique / TMS
Gestes répétitifs, torsions, station prolongée
Passage des articles au scanner, soulèvement des packs d'eau, torsion vers le tapis ou le terminal de paiement.2×4=8Mettre un siège approprié à disposition à chaque poste de caisse et de vente (article R4225-5) et permettre l'alternance assis-debout

+ 11 autres risques évalués dans le document complet, avec toutes les mesures et le plan d'action.

Ce qui s'ajoute dans ce métier

Siège pour chaque salarié

Un siège approprié doit être mis à la disposition de chaque travailleur à son poste ou à proximité. En caisse comme en surface de vente, le salarié doit pouvoir s'asseoir quand son activité le permet. Source

Formation à la manutention

Les salariés dont l'activité comporte des manutentions manuelles doivent recevoir une information sur les risques et une formation à la sécurité, essentiellement pratique, sur les gestes et postures à adopter. Source

Éclairage minimal des locaux

Le Code du travail fixe des niveaux minimaux d'éclairement : 40 lux pour les voies de circulation intérieures, 60 lux pour les escaliers et entrepôts, 120 lux pour les locaux de travail, vestiaires et sanitaires, 200 lux pour les locaux aveugles affectés à un travail permanent. Source

Extincteurs

Au moins un extincteur à eau pulvérisée de 6 litres minimum pour 200 m² de plancher, au moins un par niveau, complété par des extincteurs adaptés aux risques particuliers (électriques notamment). Source

Allergènes et denrées vendues en vrac (commerce alimentaire)

Pour les denrées vendues non préemballées ou emballées à la demande, la présence des allergènes réglementaires doit être indiquée sur le produit ou à proximité immédiate, sans ambiguïté sur le produit concerné. Source

Mise à jour du document unique

Le document unique est mis à jour au moins chaque année à partir de 11 salariés, et dans tous les cas lors d'un aménagement important (réaménagement du magasin, nouvelle réserve, nouveau service comme le relais colis) ou d'une information nouvelle sur un risque, par exemple après une agression. Source

Chaleur intense : mesures obligatoires depuis 2025

Depuis le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, l'employeur évalue les risques liés aux épisodes de chaleur intense, en intérieur comme en extérieur, et inscrit les mesures dans le document unique (R4463-2). Pendant ces épisodes (vigilance canicule de Météo-France), il met en œuvre les mesures de réduction de l'exposition (organisation et horaires, ventilation, pauses, formation : R4463-3), fournit une quantité suffisante d'eau potable fraîche près des postes (R4463-4) et définit comment signaler un malaise et porter secours, notamment aux salariés isolés (R4463-6). Les locaux fermés doivent être maintenus à une température adaptée (R4223-13). Source

Autorisation de conduite des chariots

La conduite de certains équipements présentant des risques particuliers (chariots automoteurs à conducteur porté, par exemple) est subordonnée à une autorisation de conduite délivrée par l'employeur. Depuis le 1er octobre 2025, sa validité suppose que le salarié détienne une attestation de non-contre-indication médicale, valable cinq ans, délivrée par le médecin du travail ; l'employeur en conserve une copie (article R4323-56). La liste des équipements concernés est fixée par arrêté : vérifiez si votre matériel en fait partie. Source

Le document complet, à votre nom

19 risques, 5 unités de travail, mesures à cocher, plan d'action, suivi des mises à jour.

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Questions fréquentes

Mes caissiers doivent-ils avoir un siège ?

Oui. Le Code du travail impose qu'un siège approprié soit mis à la disposition de chaque salarié à son poste ou à proximité. C'est aussi une mesure de prévention des troubles musculosquelettiques à inscrire dans le document unique.

Le risque de braquage doit-il figurer dans le document unique ?

Oui, dès lors que vos salariés manipulent des espèces ou travaillent seuls à certains moments. Le document doit décrire les mesures prises (prélèvements réguliers en caisse, ouverture et fermeture à deux, alarme) et la conduite à tenir après une agression, y compris le soutien des victimes.

Un escabeau suffit-il pour la mise en rayon ?

Pour un usage ponctuel et bref, un escabeau en bon état peut convenir. Pour un réassort régulier en hauteur, l'INRS recommande des plateformes sécurisées (EMER, PIRL) et, surtout, de réduire la hauteur de stockage et de supprimer le stock rangé au-dessus des rayons.

J'ai un magasin de vêtements, sans produits frais : ce modèle me convient-il ?

Oui : supprimez l'unité « rayons frais et chambres froides » et les obligations propres à l'alimentaire. Les risques principaux restent la manutention en réserve, les chutes, les coupures au déballage, la caisse et les agressions.

Après une agression, faut-il modifier le document unique ?

Oui. Un accident ou une agression constitue une information nouvelle sur un risque : réévaluez la cotation, ajoutez les mesures décidées (organisation de la fermeture, alarme, formation) et datez la mise à jour.

Sources utilisées pour ce modèle

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