Document unique maçon : le modèle pré-rempli
22 risques propres au métier, cotés et classés, avec les mesures de prévention à cocher et le plan d'action. Fichier Word à votre nom.
Ce qu'il faut savoir
En maçonnerie, ce qui blesse n'est pas un mystère : on tombe d'un échafaudage mal monté ou d'une trémie non protégée, on se casse le dos à force de blocs, de sacs et de bacs de mortier, on se ronge les mains au ciment et on respire la poussière des découpes. L'OPPBTP résume le métier ainsi : déplacements sur des sols accidentés et encombrés, manutention de charges lourdes, travail en hauteur, postures contraignantes, intempéries, UV et poussières. Tout cela, votre document unique doit le dire avec vos mots et vos chantiers.
Lors d'un contrôle, l'inspection du travail ou le contrôleur de la Carsat ne lit pas votre DUERP comme une formalité. Elle regarde s'il décrit vraiment ce que font vos équipes : qui monte et contrôle l'échafaudage, comment sont protégés les bords de dalle, avec quoi on découpe les blocs et si la poussière est captée ou abattue à l'eau, qui conduit la mini-pelle et avec quelle autorisation, comment se passe l'approvisionnement du mortier. Elle vérifie aussi que le plan d'action a une date et un responsable, et que le document a été mis à jour après un accident ou un changement de matériel.
Un DUERP générique « BTP » ne tient pas face à ces questions. Il parle de risques en général, sans unité de travail, sans cotation ni mesure datée. Le document qui suit part au contraire des situations réelles d'une entreprise de maçonnerie : préparation au dépôt, approvisionnement du chantier, élévation des murs, coffrage et bétonnage, découpe et percement, conduite d'engins, interventions en rénovation où l'amiante peut se cacher dans l'existant. Pour chaque ligne, vous trouvez une cotation de départ, les mesures qu'on trouve souvent déjà en place et des actions précises, classées par priorité. À vous d'ajuster les cotations à votre réalité, de rayer ce que vous ne faites pas et d'ajouter ce qui vous est propre : c'est ce travail d'adaptation qui rend le document opposable.
Les unités de travail retenues
Dépôt et atelier
Stockage des matériaux et du matériel, chargement et déchargement des véhicules, entretien de l'outillage, préparation des commandes de chantier.
Déplacements et transport
Trajets vers les chantiers en fourgon ou camion benne, transport de matériaux et de matériel, remorques.
Élévation et gros œuvre
Montage de murs en blocs béton, briques ou pierre, pose de linteaux, chaînages, planchers, travail sur échafaudage et en bord de dalle.
Coffrage, ferraillage et bétonnage
Mise en place des banches et coffrages, façonnage et pose des armatures, coulage du béton à la toupie, à la pompe ou à la bétonnière, décoffrage.
Découpe, percement et démolition
Sciage des blocs, tronçonnage, carottage, perçage, piquage et petites démolitions, notamment en rénovation.
Engins et levage
Conduite de mini-pelle, chargeuse, chariot télescopique, utilisation de monte-matériaux et de grue auxiliaire.
Les risques les plus élevés dans ce métier
Cotation : gravité (1 bénin à 4 très grave) × fréquence d'exposition (1 rare à 4 quotidienne). En rouge, priorité 1 : à traiter tout de suite.
| Unité | Risque | Situation | G × F | Exemple d'action |
|---|---|---|---|---|
| Élévation et gros œuvre | Chutes de hauteur Travail sur échafaudage de pied ou roulant | Élévation d'un mur au-delà de hauteur d'homme depuis un échafaudage monté par l'équipe, avec plancher incomplet ou garde-corps retiré pour passer les blocs. | 4×3=12 | Désigner et former les salariés qui montent, démontent et vérifient les échafaudages ; tracer la vérification avant mise en service et après toute interruption ou intempérie. |
| Élévation et gros œuvre | Activité physique / manutention Port répété de blocs, sacs de ciment et bacs de mortier | Montée des blocs et du mortier à la main sur l'échafaudage, port de sacs de 25 ou 35 kg, gâchage manuel. | 3×4=12 | Faire livrer et poser les palettes de blocs au plus près des postes, utiliser un monte-matériaux ou une grue auxiliaire pour les étages. |
| Élévation et gros œuvre | Produits chimiques Contact cutané avec le ciment frais, mortier et béton | Manipulation du mortier et du béton mains nues ou avec gants mouillés, genoux dans le béton frais, projections lors du coulage. | 3×4=12 | Fournir des gants étanches doublés (adaptés au ciment) en quantité suffisante pour les changer dès qu'ils sont mouillés à l'intérieur. |
| Découpe, percement et démolition | Poussières Poussières de silice cristalline | Découpe de blocs béton, briques ou pierre à la scie ou à la meuleuse, carottage, piquage et ponçage de béton sans eau ni aspiration. | 4×3=12 | Équiper les scies et meuleuses d'un arrosage ou d'un capteur relié à un aspirateur adapté ; interdire la découpe à sec sans captage. |
| Découpe, percement et démolition | Équipements de travail Scies, tronçonneuses et meuleuses d'angle | Découpe de blocs ou d'armatures à la meuleuse tenue à une main, disque inadapté ou carter retiré. | 4×3=12 | Vérifier la présence des carters et l'adéquation des disques ; retirer immédiatement tout outil modifié. |
| Élévation et gros œuvre | Ambiances thermiques Chaleur intense, froid et rayonnement solaire | Travail en plein air en été sur dalle exposée, notamment lors des épisodes de canicule signalés par Météo-France, ou en hiver par temps humide et froid. | 4×3=12 | Fournir sur chaque chantier de l'eau potable et fraîche (au moins 3 litres par jour et par salarié sans eau courante) et un moyen de la garder au frais toute la journée (glacière, fontaine). |
| Déplacements et transport | Risques routiers Conduite de fourgon et camion chargés | Trajets quotidiens vers des chantiers éloignés, fourgon surchargé ou chargement non arrimé, fatigue en fin de journée. | 4×3=12 | Équiper les véhicules de systèmes d'arrimage et d'une séparation cabine ; contrôler les charges transportées. |
| Élévation et gros œuvre | Chutes de hauteur Échelles et escabeaux utilisés comme poste de travail | Pose d'un linteau, rebouchage ou reprise de maçonnerie depuis une échelle faute de plateforme disponible sur le chantier. | 3×3=9 | Doter chaque équipe d'une plateforme individuelle roulante ou d'un petit échafaudage roulant ; réserver l'échelle à l'accès. |
+ 14 autres risques évalués dans le document complet, avec toutes les mesures et le plan d'action.
Ce qui s'ajoute dans ce métier
Travaux en hauteur : protection collective d'abord
Les travaux temporaires en hauteur doivent être réalisés depuis un plan de travail conçu, installé ou équipé pour préserver la santé et la sécurité des travailleurs (article R4323-58). En pratique : échafaudage ou plateforme avec garde-corps. Le harnais n'intervient que si la protection collective ne peut pas être mise en œuvre, avec un système d'arrêt de chute adapté, et le salarié ne doit alors jamais rester seul (article R4323-61). Source
PPSPS sur les chantiers soumis à coordination
Sur une opération de bâtiment soumise à coordination SPS de 1re ou 2e catégorie, l'entreprise doit remettre son plan particulier de sécurité et de protection de la santé au coordonnateur ou au maître d'ouvrage dans les trente jours suivant la réception du contrat signé (article R4532-56). Source
Autorisation de conduite des engins
La conduite des engins de chantier, chariots et appareils de levage est soumise à une autorisation délivrée par l'employeur. Depuis le 1er octobre 2025, sa validité suppose une attestation de non-contre-indication médicale valable cinq ans délivrée par le médecin du travail (article R4323-56). Source
Amiante : interventions en sous-section 4
Avant toute opération susceptible d'exposer les salariés à l'amiante, le donneur d'ordre, le maître d'ouvrage ou le propriétaire fait réaliser un repérage amiante (article R4412-97) : demandez-le par écrit. Les interventions sur des matériaux susceptibles d'émettre des fibres relèvent de la sous-section 4 (articles R4412-144 à R4412-148) : formation préalable des travailleurs et mode opératoire écrit pour chaque processus, annexé au document unique (article R4412-145). Source
Formation à la manutention
L'employeur informe les salariés qui manutentionnent des charges sur les risques encourus et leur donne une formation pratique aux gestes et postures (article R4541-8). Source
Épisodes de chaleur intense (décret du 27 mai 2025)
Depuis le 2 juin 2025, l'employeur évalue les risques liés aux épisodes de chaleur intense, en intérieur comme en extérieur, et inscrit les mesures dans son document unique (article R4463-2). En épisode de chaleur intense au sens du dispositif de vigilance de Météo-France (R4463-1), il fournit une quantité suffisante d'eau potable fraîche maintenue au frais près des postes, notamment extérieurs (R4463-4), adapte l'organisation et les horaires (R4463-3) et définit les modalités de signalement d'un malaise et de secours, en particulier pour les travailleurs isolés (R4463-6). Sur les chantiers, l'eau potable et fraîche est due en permanence ; sans eau courante, au moins trois litres par jour et par travailleur (R4534-143), et ces risques sont pris en compte dans le PPSPS (R4535-14). Source
Le document complet, à votre nom
22 risques, 6 unités de travail, mesures à cocher, plan d'action, suivi des mises à jour.
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Questions fréquentes
Mon chantier a un PPSPS : ai-je encore besoin d'un document unique ?
Oui. Le PPSPS concerne un chantier précis soumis à coordination ; le document unique couvre l'ensemble de l'entreprise, y compris le dépôt, les trajets et les petits chantiers sans coordonnateur. Le PPSPS peut d'ailleurs reprendre des éléments de votre DUERP.
Le harnais suffit-il pour travailler en bord de dalle ?
Non. La protection collective passe d'abord (garde-corps, échafaudage, plateforme). Le harnais n'est admis que lorsque la protection collective ne peut pas être mise en œuvre, avec un système d'arrêt de chute et des points d'ancrage précisés par une notice, et le salarié ne reste jamais seul pour pouvoir être secouru rapidement (article R4323-61).
Mon compagnon a un CACES, peut-il conduire la mini-pelle sans autre papier ?
Le CACES justifie ses compétences, mais c'est l'autorisation de conduite écrite que vous lui délivrez qui l'autorise à conduire. Elle suppose aussi l'attestation médicale et la connaissance des consignes du chantier.
Comment gérer la poussière de découpe sur un petit chantier ?
Priorité à l'outil : scie à eau ou meuleuse équipée d'un capteur relié à un aspirateur de classe adaptée. Le masque FFP3 vient en complément quand le captage ne suffit pas, jamais à la place.
Tous les combien mettre à jour le DUERP d'une entreprise de maçonnerie ?
Au moins une fois par an à partir de onze salariés. Quel que soit l'effectif : lors de tout aménagement important (nouvel engin, nouveau type de chantier comme la démolition ou la rénovation lourde) et lorsqu'une information nouvelle sur un risque apparaît, par exemple après un accident (article R4121-2).
Que dois-je faire de plus quand Météo-France annonce une canicule ?
Appliquer les mesures prévues dans votre document unique pour les épisodes de chaleur intense : eau potable fraîche en quantité suffisante près des postes, horaires aménagés, pauses, tâches pénibles reportées, et une procédure pour signaler un malaise et porter secours, surtout à un salarié isolé (articles R4463-3 à R4463-6). Si le risque ne peut pas être maîtrisé, le travail concerné doit être reporté ou réorganisé.
Sources utilisées pour ce modèle
- Prévention BTP (OPPBTP) : la prévention pour les maçons
- Prévention BTP : le maçon à son poste de travail
- INRS : silice cristalline, ce qu'il faut retenir
- INRS : ciment, ce qu'il faut retenir
- INRS : interventions sur des matériaux amiantés, ressources
- Légifrance : article R4323-58 du code du travail
- Légifrance : article R4323-56 du code du travail
- Légifrance : article R4463-2 du code du travail (chaleur intense)
- Légifrance : article R4534-143 du code du travail (eau sur les chantiers)
- Légifrance : article R4412-97 du code du travail (repérage amiante avant travaux)
- Légifrance : article R4323-61 du code du travail