Risques psychosociaux dans le document unique : comment les évaluer et quoi écrire
Les risques psychosociaux s'évaluent comme les autres risques et figurent dans le document unique : l'employeur doit protéger la santé physique et mentale de ses salariés, et planifier la prévention du harcèlement moral et sexuel. L'INRS admet un chapitre à part avec sa propre grille, à condition d'indiquer la méthode utilisée. Voici comment faire dans une petite entreprise.
Publié le 20/10/2026 · textes officiels lus le 12/10/2026
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Pourquoi les RPS ont leur place dans le document unique
L'article L4121-1 du Code du travail oblige l'employeur à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. L'article L4121-2, 7° lui demande de planifier la prévention en y intégrant l'organisation du travail, les relations sociales et notamment les risques liés au harcèlement moral, au harcèlement sexuel et aux agissements sexistes. L'INRS en tire la conséquence : les risques psychosociaux s'évaluent comme les autres risques professionnels, et les mesures collectives, qui agissent sur le travail et son organisation, passent en premier.
De quoi parle-t-on
L'INRS regroupe sous ce terme trois situations, qui peuvent se cumuler :
- le stress ;
- les violences internes : harcèlement moral ou sexuel, conflits dans l'équipe ou entre équipes ;
- les violences externes : insultes, menaces, agressions venant de clients ou du public.
Les 6 familles de facteurs à passer en revue
On n'évalue pas « le stress » d'un salarié : on évalue les conditions de travail qui l'exposent. L'INRS retient six familles de facteurs :
| Famille | Exemples donnés par l'INRS |
|---|---|
| Intensité et temps de travail | Contraintes de rythme, objectifs irréalistes ou flous, instructions contradictoires, longues journées, horaires atypiques ou imprévisibles |
| Exigences émotionnelles | Tensions avec le public, contact avec la souffrance ou la détresse, obligation de sourire ou de paraître de bonne humeur |
| Manque d'autonomie | Peu de marges de manœuvre, pas de participation aux décisions sur son activité, compétences inutilisées |
| Rapports sociaux dégradés | Relations avec les collègues ou la hiérarchie, perspectives de carrière, procédures d'évaluation, attention portée au bien-être |
| Conflits de valeurs | Faire un travail jugé inutile, ne pas pouvoir faire un travail de qualité dont on est fier |
| Insécurité de la situation de travail | Peur de perdre son emploi, contrat précaire, changements non maîtrisés de la tâche |
La méthode dans une petite entreprise
- Traitez d'abord l'urgence. L'INRS le rappelle : un outil d'évaluation sert à une évaluation « à froid ». Une situation de conflit ou de harcèlement en cours se traite d'abord, en protégeant la parole des personnes.
- Réunissez les salariés en groupe. Dans une petite structure, l'INRS conseille de réunir des salariés de métiers différents pour repérer les expositions communes et celles propres à chaque métier. Pas de questionnaire individuel à remplir seul : c'est l'échange collectif qui fait l'évaluation.
- Utilisez un outil gratuit adapté à votre taille. L'INRS propose « Faire le point RPS » (outil 37), une quarantaine de questions renseignées collectivement, pour les petites entreprises, avec une version pour le secteur sanitaire et social (outil 42). Au-delà de 50 salariés, il propose la méthode RPS-DU (ED 6403).
- Rattachez chaque facteur à une unité de travail : la salle d'un restaurant n'est pas exposée comme la cuisine.
- Notez aussi ce qui protège : l'INRS recommande de repérer les facteurs favorables (organisation, locaux…) pour les préserver.
- Écrivez la méthode : qui a participé, quand, avec quel outil.
L'employeur reste responsable de l'évaluation. Il peut s'appuyer sur un salarié désigné, solliciter son service de prévention et de santé au travail, ou faire appel ponctuellement à un intervenant extérieur.
Ce que vous écrivez dans le document
Selon l'INRS, les RPS peuvent former un chapitre distinct, avec une grille d'évaluation différente de celle des autres risques : l'essentiel est d'indiquer la méthode utilisée. Les indicateurs comme l'absentéisme ou le turnover ne vont pas dans le document unique : ils servent à repérer les unités prioritaires et à mesurer l'effet des actions.
Exemple de ligne pour un restaurant, unité « salle » : Exigences émotionnelles. Situation : clients mécontents ou agressifs aux heures de pointe, service seul en fin de soirée. Mesures en place : consigne d'appel au responsable. Actions : pas de service seul après 22 h, procédure écrite en cas d'agression, échéance et responsable.
Dans la liste d'actions, privilégiez ce qui change le travail lui-même : répartition des tâches aux heures de pointe, planning connu à l'avance, consignes claires, procédure en cas d'agression. Une action du type « gérer son stress » vise la personne, pas la situation : l'INRS demande de privilégier les mesures collectives.
Partir des situations réelles de votre métier
Notre document unique pré-rempli intègre les situations à risque psychosocial propres au métier, par exemple pour un restaurant ou l'aide à domicile. Il donne une base à discuter avec vos salariés, pas un résultat tout fait : un modèle n'est pas un conseil juridique et ne remplace pas l'échange avec l'équipe.
Document unique pré-rempli
Un document unique pré-rempli pour votre métier, qui inclut déjà les situations de travail à risque psychosocial propres à votre activité, à compléter avec vos salariés.
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Questions fréquentes
Les risques psychosociaux doivent-ils vraiment figurer dans le document unique ?
Oui. L'employeur protège la santé physique et mentale des salariés (article L4121-1) et planifie la prévention du harcèlement (L4121-2). L'INRS précise que les RPS s'évaluent comme les autres risques professionnels.
Puis-je faire remplir un questionnaire à chaque salarié ?
L'INRS déconseille l'usage individuel de son outil « Faire le point RPS » : c'est un guide d'entretien pour un collectif de travail. Un questionnaire seul ne suffit pas, il doit s'inscrire dans une démarche associant les salariés.
Faut-il noter l'absentéisme dans le document unique ?
Non, selon l'INRS. Ces indicateurs servent à repérer les unités prioritaires et à mesurer l'effet des actions, pas à remplir le document.
Quel outil gratuit utiliser dans une TPE ?
« Faire le point RPS » (outil 37 de l'INRS), conçu pour les petites entreprises, renseigné collectivement. Au-delà de 50 salariés, l'INRS propose RPS-DU (ED 6403).
Sources officielles
- Risques psychosociaux : ce qu'il faut retenir — INRS
- Risques psychosociaux : facteurs de risque — INRS
- Risques psychosociaux : FAQ — INRS
- Risques psychosociaux : les clés pour agir (outils d'évaluation) — INRS
- Article L4121-2 du Code du travail — Code du travail numérique
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