Visite d'information et de prévention : le délai, qui l'organise, et les cas où elle a lieu avant l'embauche

La visite d'information et de prévention (VIP) a lieu au plus tard trois mois après la prise effective du poste (article R4624-10 du Code du travail). Pour un travailleur de nuit ou un salarié de moins de 18 ans, elle a lieu avant l'affectation au poste. C'est à l'employeur de la demander à son service de prévention et de santé au travail.

Publié le 21/10/2026 · textes officiels lus le 12/10/2026

Accès immédiat : en payant, vous demandez l'exécution immédiate et renoncez à votre droit de rétractation (art. L221-28 13° du Code de la consommation).

Les délais selon le salarié

SituationDélaiSource
Cas généralAu plus tard 3 mois après la prise effective du posteR4624-10
Travailleur de nuitAvant l'affectation au posteR4624-18
Salarié ou apprenti de moins de 18 ansAvant l'affectation au posteR4624-18
Apprenti majeurDans les 2 mois suivant l'embaucheFiche F34061
Femme enceinte, venant d'accoucher ou allaitantePeut demander à tout moment à être orientée sans délai vers le médecin du travailR4624-19

Les salariés exposés à certains risques particuliers (amiante, rayonnements ionisants par exemple) relèvent d'un suivi individuel renforcé, distinct de la VIP.

Qui l'organise, qui la fait

L'employeur organise un service de prévention et de santé au travail (article L4622-1). La DPAE sert aussi à demander la VIP à ce service. La visite est réalisée par un des professionnels de santé listés à l'article L4624-1 : médecin du travail, médecin praticien correspondant, collaborateur médecin, interne en médecine du travail ou infirmier. Elle est faite par le médecin du travail pour un travailleur handicapé, titulaire d'une pension d'invalidité ou travailleur de nuit.

Le professionnel de santé peut orienter le salarié sans délai vers le médecin du travail, qui peut proposer des adaptations du poste (article R4624-13).

Ce qui se passe pendant la visite

La visite est individuelle. Elle sert à (article R4624-11) :

  1. interroger le salarié sur son état de santé ;
  2. l'informer sur les risques éventuels de son poste ;
  3. le sensibiliser aux moyens de prévention ;
  4. voir s'il doit être orienté vers le médecin du travail ;
  5. lui expliquer son suivi et rappeler qu'il peut demander à voir le médecin du travail à tout moment.

À la fin, le professionnel de santé remet une attestation de suivi au salarié et à l'employeur, avec la date de la visite et la date limite de la suivante. Gardez-la.

Temps, salaire et frais

La visite a lieu sur le temps de travail, sans retenue de salaire. Si ce n'est pas possible, le temps passé est payé comme du travail effectif. Le temps et les frais de transport sont à la charge de l'employeur (article R4624-39). La fiche officielle donne cet exemple : un travailleur de nuit qui passe la visite en journée, avec 1 h de trajet aller-retour et 45 minutes de visite, reçoit 1 h 45 de salaire en plus de sa rémunération habituelle.

Renouvellement

  • Cas général : périodicité fixée par le médecin du travail, 5 ans au plus (article R4624-16).
  • Travailleur handicapé, titulaire d'une pension d'invalidité, travailleur de nuit et salarié dont la situation le justifie : suivi adapté, 3 ans au plus (article R4624-17).

Quand une nouvelle visite n'est pas requise

Si le salarié a passé une VIP dans les 5 ans avant l'embauche (3 ans pour les salariés de l'article R4624-17), une nouvelle visite n'est pas requise lorsque trois conditions sont réunies : emploi identique avec des risques équivalents, dernière attestation de suivi ou dernier avis d'aptitude en possession du professionnel de santé, aucune mesure d'aménagement ni avis d'inaptitude sur la période (article R4624-15). Pour un intérimaire, la fiche officielle retient un délai de 2 ans. C'est le service de santé au travail qui vérifie ces conditions : demandez-lui une réponse écrite.

Les questions à poser à votre service de santé au travail

  • Comment demander la visite pour un nouveau salarié, en plus de la DPAE ?
  • Sous quel délai convoquez-vous en général ?
  • Ce salarié peut-il être dispensé de visite, au vu de son attestation de suivi précédente ?
  • Ce poste relève-t-il d'un suivi individuel renforcé ?
  • Comment recevrai-je l'attestation de suivi ?

Gardez la trace de vos demandes et relances : elle montre que vous avez fait votre part si la convocation tarde.

En pratique pour une TPE

  1. Vérifiez que vous adhérez à un service de prévention et de santé au travail.
  2. Faites la DPAE : elle vaut demande de visite.
  3. Travail de nuit ou salarié mineur : obtenez la date avant le premier jour au poste.
  4. Notez l'échéance des 3 mois et relancez le service si aucune convocation n'arrive.
  5. Classez l'attestation de suivi et reportez la date de la prochaine visite.

La VIP ne remplace pas la formation à la sécurité que vous devez donner vous-même à l'embauche (article L4141-2). Le livret d'accueil sécurité du Pack Employeur complet réunit les deux dans une check-list du premier jour ; c'est un modèle à adapter, pas un conseil juridique.

Pack Employeur complet

La check-list du premier jour du Pack Employeur complet rappelle la visite à demander et ses délais, à côté de la DPAE, du registre et de la formation à la sécurité.

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Accès immédiat : en payant, vous demandez l'exécution immédiate et renoncez à votre droit de rétractation (art. L221-28 13° du Code de la consommation).

Questions fréquentes

La visite d'embauche doit-elle avoir lieu avant le premier jour ?

Non dans le cas général : le délai est de trois mois après la prise de poste. Elle a lieu avant l'affectation pour un travailleur de nuit ou de moins de 18 ans (articles R4624-10 et R4624-18).

Est-ce forcément le médecin du travail qui la fait ?

Non. Un infirmier, un collaborateur médecin, un interne ou un médecin praticien correspondant peut la faire (article L4624-1). Le médecin du travail la fait pour un travailleur handicapé, invalide ou de nuit.

Le salarié est-il payé pendant la visite ?

Oui. Elle a lieu sur le temps de travail sans retenue, ou est payée comme du travail effectif ; le transport est à la charge de l'employeur (article R4624-39).

Tous les combien la refaire ?

Au plus tous les 5 ans, selon la périodicité fixée par le médecin du travail ; au plus tous les 3 ans pour un travailleur handicapé, invalide ou de nuit (articles R4624-16 et R4624-17).

Sources officielles

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Information générale, à jour à la date indiquée ; ce n'est pas un conseil juridique. Pour un cas particulier, l'administration compétente (DDPP, préfecture, mairie) répond gratuitement.